Au Bénin, la formation ne se résume plus aux seules académies les plus visibles de Cotonou et de Porto-Novo. Dans des structures plus discrètes, des éducateurs suivent déjà des profils qui sortent du lot. Cinq d’entre eux, plus un bonus, méritent un regard attentif. Aucun n’est un produit fini. Tous ont un trait de jeu identifiable.
Sogbossi Sèdami, l’ailier qui pèse sur le ballon
Moins de 17 ans, évoluant au centre TBSA d’Allada, Sogbossi Sèdami est un excentré droit capable de rentrer en milieu de terrain. Rapide et physique, il a également une frappe lourde. C’est le profil classique de l’ailier utile, celui qui crée du danger par l’appel et par la percussion avant même d’avoir affiné sa dernière passe.
La marge est claire. Un joueur aussi intéressant a besoin d’un suivi sur le choix : quand accélérer, quand fixer, quand servir.
Amorin Houndedji, le leader qui a du feu dans les jambes
Amorin Houndedji, né en 2009, 1,76 m pour 65 kg, évolue au Centre Talent Pur. Ambidextre, excentré, rapide avec et sans ballon, il ajoute une qualité plus rare à cet âge : la vision. Agressif dans le pressing et les appels, il reste décrit comme posé, presque un leader de groupe. Le contraste est intéressant. Beaucoup de joueurs rapides subissent leur élan. Lui semble déjà capable de le doser.
Le chantier actuel est l’adresse devant le but. Le feu dans les jambes est là ; la finition, pas encore. C’est souvent le dernier filtre entre un ailier de centre et un joueur que les clubs seniors regardent vraiment. À 16-17 ans, c’est le bon moment pour le travailler, à condition de ne pas sacrifier ce qui fait déjà sa valeur : la course, les deux pieds, la lecture.
Mensah Manasse Armand, le récupérateur qui équilibre
Né en 2009, 1,70 m, milieu récupérateur à l’AS FAA d’Allada, Mensah Manasse Armand surnommé « Ronaldo Cristiano » dans son centre, est le profil le plus « métier » du lot. Intelligence de placement, sens du timing pour couper les trajectoires, endurance, présence dans les duels, générosité défensive, discipline tactique.
Il est aussi décrit comme un bon distributeur, avec une vraie lecture collective. La réserve porte sur l’après-récupération. Sortir proprement, choisir le bon tempo, ne pas se contenter de rendre le ballon : c’est là que se joue souvent le passage d’un sentinelle utile à un milieu capable de faire jouer son équipe. Le sérieux et la constance sont cités comme ses meilleurs atouts pour franchir les étapes. Dans un football béninois où les milieux équilibrés manquent souvent, ce type de profil a une valeur immédiate, à condition que la progression technique suive.
Owen Mickel Dassi, le milieu qui casse les lignes
Owen Mickel Dassi, né en 2010, est un milieu polyvalent passé par Espoir Sports (CeFES) avant de signer un contrat stagiaire avec Énergie FC, le club adossé à la SBEE. Après une saison chez les Aigles, il a mis d’accord le staff. Lecture de jeu, goût pour le jeu vers l’avant, capacité à casser les lignes, volume d’efforts, aisance dans le dribble : le portrait est celui d’un milieu qui veut jouer, pas seulement occuper.
Fan de Thiago Alcântara, il est déjà vu par plusieurs observateurs comme un futur élément pour la sélection. À 15-16 ans, ce genre de projection reste une hypothèse. Ce qui est plus solide, c’est le transfert de confiance : un jeune qui change de structure, s’impose en une saison et conserve un profil tourné vers l’avant a déjà passé un premier filtre. La suite dépendra de sa capacité à garder cette liberté de jeu dans des contextes plus fermés.
Balkis Salem Mamoudou, le n°10 à la Iniesta
Moins de 15 ans, n°10 de Bénin Foot Academy, Balkis Salem Mamoudou est un milieu offensif très technique. Dribbles, passes qui déroutent, buts. Son registre est celui du meneur de petit espace, comparé dans son entourage à Andrés Iniesta. À cet âge, la comparaison est un repère de style, pas un pronostic. Elle dit surtout ceci : orientation du corps, passe qui élimine, goût pour le dernier geste plutôt que pour la seule percussion.
Le risque, classique chez les n°10 précoces, est de rester un joueur de conservation. Le signal positif est qu’il marque déjà. Un meneur qui conclut est plus facile à projeter qu’un meneur qui ne fait que circuler.
Bonus : Afide Olatundji, le gaucher qui rappelle Olise
Même centre, même tranche d’âge, n°11. Afide Olatundji est un gaucher de moins de 15 ans, décrit comme intelligent, très rapide, efficace, avec des dribbles dans l’esprit de Michael Olise. La vitesse et l’efficacité devant le but en font un complément naturel du profil de Mamoudou.
Afide Olatundji et Balkis Salem Mamoudou, deux joueurs du même centre, deux registres différents. C’est souvent le signe qu’une structure ne forme pas un seul type de footballeur.




